Dans un litige d’humidité locative, chaque dépense a un payeur légitime, mais rarement celui qu’on croit spontanément : le locataire s’estime toujours victime du bâti, le bailleur toujours victime des usages. Le droit organise un partage plus fin, fondé sur deux textes piliers : le décret sur les réparations locatives (ce que le locataire entretient) et le décret décence (ce que le bailleur garantit). Passons les postes en revue dans l’ordre où ils se présentent.

Le nettoyage courant des moisissures : locataire

Les moisissures superficielles et limitées relèvent de l’entretien courant du logement, comme les joints de salle de bains : nettoyage selon le protocole sanitaire (javel, protections, aération), remplacement des joints noircis, soin des grilles d’aération. Ce poste reste au locataire TANT QUE la cause relève de l’usage ou du courant de la vie du logement. Mais attention au piège symétrique : nettoyer n’éteint pas le droit d’alerte. Un locataire qui nettoie chaque mois la même moisissure doit la signaler par écrit, photos datées à l’appui : si la cause est structurelle, la récidive devient la preuve, et la charge bascule.

La recherche de cause : celui qui l’engage, sauf à la refacturer

Aucun texte n’impose à l’une des parties de financer le constat technique : celui qui le commande le paie. En pratique, trois configurations. Le bailleur diligent le fait établir pour objectiver la situation (et documenter la conformité de son bien si elle est réelle) : dépense défensive souvent rentable. Le locataire le produit à l’appui de son signalement resté sans réponse : si le constat établit une cause structurelle, il peut en demander le remboursement dans la négociation ou au juge, au titre des frais engagés par la carence du bailleur. La voie apaisée : un constat partagé, accepté des deux parties avant réalisation, dont les conclusions s’imposent moralement aux deux. C’est le format que nous recommandons : notre expertise humidité en Essonne est conçue pour cette neutralité, aux prix publiés sur la page nos tarifs.

Les travaux : la cause décide, poste par poste

Côté BAILLEUR : tout ce qui touche au clos, au couvert et aux équipements : reprise d’infiltration (toiture, façade, menuiseries dégradées), traitement des remontées capillaires, réparation ou remplacement d’une VMC en panne, création d’une ventilation absente dans un logement qui l’exige, remise en état des pièces dégradées par une cause structurelle (peintures et revêtements compris). Côté LOCATAIRE : le maintien en état de propreté, les menues réparations (grilles, joints), et les dégradations nées d’un usage anormal prouvé (aérations volontairement obstruées, par exemple). Les cas MIXTES, fréquents, se partagent à proportion : un logement limite en ventilation occupé sans aucune aération donnera un partage, que le constat technique permet de chiffrer plutôt que de crier.

L’état des lieux : l’arbitre silencieux

Dans tous ces partages, l’état des lieux d’entrée pèse lourd : des traces d’humidité mentionnées à l’entrée protègent le locataire à la sortie, et leur absence protège le bailleur. Locataires : faites noter la moindre auréole, le moindre joint noirci, et photographiez le jour de la remise des clés. Bailleurs : un état des lieux précis et daté vaut mieux qu’un formulaire expédié. Dix minutes d’attention à l’entrée économisent des mois de débat à la sortie.

Les frais périphériques : loyers, relogement, assurances

La réduction ou suspension de loyer ne se décide JAMAIS unilatéralement : elle se négocie ou s’obtient du juge, qui peut l’accorder pour la période de jouissance dégradée quand la cause incombe au bailleur. Le relogement temporaire pendant des travaux lourds suit la même logique : accord écrit ou décision de justice, pas de fait accompli. Les assurances habitation des deux parties interviennent peu sur l’humidité structurelle (qui n’est pas un sinistre accidentel), mais couvrent les épisodes qui s’y greffent : dégât des eaux, mobilier endommagé selon contrats. Enfin, les procédures (conciliation gratuite, juge des contentieux de la protection) n’engagent pas de frais d’avocat obligatoires en dessous de certains montants : l’argument « je ne peux pas me payer un procès » ne doit pas faire renoncer aux droits. Pour un constat qui remet la discussion sur les rails, passez par notre page contact ou appelez le 0 805 69 09 69.

Laurent Hojan, expert en construction et bâtiment depuis huit ans et fondateur de Check my House. Cet article s’appuie sur l’expérience de terrain du cabinet et sur des sources publiques officielles. Il ne constitue pas un conseil juridique individualisé.